Eléonore Wismes. Ce nom vous dit peut-être quelque chose. En effet, sa soeur Adèle Wismes a un rôle dans le dernier film de Christophe Honoré « Aimer, plaire et courir vite ».  Mais contrairement à sa soeur, Éléonore est de l’autre côté de la caméra : elle est réalisatrice, photographe et peintre.

Éléonore a grandi sur la côte bretonne, à la Baule exactement. Et c’est l’année de ses 18 ans qu’elle est venue sur Paris afin de s’inscrire dans une école de cinéma. Touche à tout, en parallèle de ses études Éléonore commence à faire de la photo. Puis au bout de deux belles années d’études, elle quitte l’école trouvant les cours bien trop théoriques à son goût. La réalisatrice en herbe a besoin de concret et d’aller au bout de ses projets. Autodidacte elle s’exerce au cadrage et à la mise en scène, et passe surtout sa vie sur les tournages fin de connaitre les coulisses d’un film et l’univers incroyable du 7ème art.

©Éléonore Wismes

©Éléonore Wismes


Eléonore aime comprendre les univers, peu importe le genre. Il lui suffit d’être touchée pour admirer une œuvre. Et c’est un peu ce qui se passe avec son travail : avec Éléonore, on part en voyage en une photo. On veut carrément entrer dans la photo pour vivre cette aventure qu’elle dépeint.
L’oeil de la photographe capture des images qui respirent le grand air et la nature. Ses photographies apaisent.

J’ai découvert le travail envoûtant d’Éléonore en passant à la galerie DD, que j’avais d’ailleurs découvert lors de la première exposition parisienne de Benjamin Ricca. Du 12 au 15 avril dernier était l’occasion d’admirer l’exposition Tahiti.

©Éléonore Wismes

©Éléonore Wismes

L’aventure Tahiti commence en décembre dernier. C’était une jolie bande de 6 artistes, enfin plus ou moins (Jacques, Tabata, Balthazar, Guillaume et François) à voyager sur un catamaran durant un mois. La création était au coeur de leurs journées. Pour Éléonore « ce voyage a été comme une bulle de rêve au milieu de magnifiques lumières et couleurs extraordinaires. »

Evidemment, la photographe a voulu faire perdurer ce rêve en faisant une exposition où 4 de ces matelots pouvaient montrer son point de vue sur ce magnifique pays. RVCA Artist Network Programm, particulièrement Guillaume Legoff le curator et Lomography ont tout de suite été emballés par l’idée. Puis le rêve continu : elle a trouvé l’endroit parfait pour faire cette exposition durant quatre jours : la Vitrine DD.

On le ressent à travers ses réalisations, ce qui l’inspire c’est les grands espaces. Ils donnent l’impression que tout est possible. Après, un rien dans la vie peut l’inspirer : une lumière à un moment et une heure précise, une attitude, une phrase… Que ce soit quelque chose de positif ou négatif.

Selon Éléonore, la vie est une multitude de sensations fortes.

«  Les ressentir c’est une chose, mais réussir à les reproduire en est une autre. »

Éléonore sait de quoi elle parle, c’est assez difficile mais elle sait qu’il faut rester le plus instinctif possible. En clair, ce qui l’inspire et la transcende dans son travail c’est : une forte émotion. Et quoi de plus beau que les émotions que l’on ressens devant un coucher de soleil, un rayon de soleil après la pluie. Bref vous l’aurez compris, Éléonore travaille un maximum en lumière naturelle.

Elle fait ça de façon à ce que la magie et la rareté de l’instant précis soit capturer de façon la plus pure et honnête possible. Cela donne plus de la valeur à une image. Jamais sans son appareil photo, l’artiste travaille essentiellement à l’argentique.

« En plus de la question de l’instant présent et la valeur de l’image, il y a la magie de l’analogue. Parfois, il y a de belles surprises incontrôlables. »

C’est vrai ça, les surprises argentiques. Tu ne sais pas à quoi ta photo va ressembler, ce n’est qu’au moment du tirage que tu verras le résultat. Il faut s’armer de patience, surtout quand on part un mois sur un bateau.

©Éléonore Wismes

©Éléonore Wismes

Puis quand tu rentres dans la grisaille parisienne, tu découvres les photos et redécouvres ton voyage, en ayant oublié certains clichés. C’est l’un des moments préférés de Éléonore ! Tahiti fini, l’artiste travaille intensément sur l’écriture d’un court métrage. C’est son prochain gros projet. Hâte de voir le résultat !

Et à défaut de partir dans les îles du Pacifique, « Tahiti » s’exporte chez Providence à Guéthary cet été ! Le vernissage est le 19 Juillet avec un live de Kim Giani. 

Pour les parisiens, rendez-vous ce week-end : Éléonore expose des photos au Playground Market, organisé par Bonheur Permanent du 18 au 20 mai !

Venez voyager !

Portrait from Eleonore Wismes on Vimeo.