L’opéra Garnier a débuté le 6 décembre la programmation du ballet « Play », imaginé par le jeune chorégraphe de 33 ans, Alexander Ekman. Loin des codes du classique, sans non plus les rejeter, ce ballet contemporain est une symbiose, entre la musique, le mouvement, la théâtralisation, la danse et une petite morale à la fin en bonus.

Dans un décor blanc, sans être particulièrement minimaliste, le ballet « Play » s’anime et s’articule autour de plusieurs tableaux. Le premier acte, nous présente les danseurs en tenues blanches qui se suivent, qui s’imitent sur de la danse rythmée. Une cour de récréation dans laquelle la danse prend tout son sens. Si dans ce ballet le mouvement devient son, il est également musique, les danseurs ne sont ainsi pas que des danseurs mais également des « boites à rythme » qui viennent donner les vibrations d’une jeunesse insouciante, dont la réalité absurde et fragile tient à travers des personnages comme un astronaute, un clown, des hommes à tête de ballon. Un terrain de jeu qui s’anime à travers les différentes danses et les différents tableaux, nous faisant entrer dans un monde un peu parallèle, dans lequel on retrouve ce que l’on connait, notre réalité, mais transformé de façon à ce qu’elle ne soit pas terre à terre.

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© : Ann Ray

Si sur le premier acte, on sourit des bêtises des danseurs, on regrette aussi de ne pas avoir suivi une formation de danse pour se retrouver sur la scène avec eux, dans ce joyeux bordel qu’ils nous présentent, dans ce monde dans lequel, il ne pleut pas des gouttes, mais des balles qui se retrouvent à définir l’espace d’une piscine à boules.

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© : Ann Ray

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© : Ann Ray

Le second acte est plus sérieux, on arrête de rire, nos innocents danseurs, si pleins de joie de vivre se retrouve dans une réalité plus proche de la nôtre, avec uniformisation de la personnalité, de la pensée pour rentrer dans le cadre et la productivité. Les tableaux y sont plus sombres et nos danseurs, ont quitté leurs habits blancs pour du gris ou du noir, qui vient apporter cette notion de morosité, un peu comme si l’enfant avait fait place à l’adulte qui effectue sans cesse sa tache, laissant de côté sa spontanéité et sa folie. Mais ce serait un monde bien triste si la danse ne venait pas perturber les rouages de cette vie bien rangée. Nos danseurs, retrouvent cette joie de vivre, cette innocence que l’on accorde particulièrement aux enfants.

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© : Ann Ray

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© : Ann Ray

Morale de l’histoire : réveiller vos consciences et ne laissez pas le monde faire mourir l’étincelle de folie que vous avez en chacun de vous (en tout cas c’est comme ça que nous l’avons compris)

Spectaculaire, décalé, original, hors du cadre, Play joue avec ses spectateurs pour les emmener plus loin que dans une chorégraphie de danse mais plutôt dans un espace fait de rêves et d’amusement (qui ne serait pas sans nous rappeler dans un certain style, Dali ou magritte). Un retour à la simplicité efficace qui fera briller les yeux des plus grands quand les plus jeunes seront surexcités sur leurs sièges voulant prendre part à la scène. Laissez-vous aller : Jouez !

Quoi ? PLAY, ballet de Alexander Ekman
Quand ? Du 6 au 31 décembre 2017
Où ? Opéra Garnier – Paris

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© : Ann Ray

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© : Ann Ray

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© : Ann Ray