À l’occasion de son concert mardi aux Etoiles à Paris, on a eu la chance de pouvoir poser quelques questions à la nouvelle étoile du Hip Hop Belge, Coely. Celle qui débarque comme une tornade dans le rap game en balançant son flow comme un ricaine sort son premier album « Different Waters », véritable succès en Belgique.

C’est simple, on adorait déjà en écoutant ou en regardant Coely dans ses clips, mais après avoir pu discuter avec elle et la voir en concert juste après, elle est tout simplement impressionnante. On dirait que derrière elle, il y a déjà 10 ans de carrière mais cette fille de 23 ans, d’origine d’Anvers n’est qu’au début d’une carrière qui promets de filer à la vitesse de la lumière vers les sommets. Une énergie débordante sur et en dehors de la scène, Coely est définitivement l’artiste qui ne vous laissera pas indifférente. On se met jambe par un premier clip.

Modernists : Salut Coely est-ce que tu peux d’abord te présenter ?

Coely : « Je m’appelle Coely, j’ai 23 ans et je viens de Belgique, d’Anvers. Je viens de sortir mon premier album « Different Waters ». J’ai commencé sérieusement la musique en studio à 16 ans quand j’étais au Lycée, et avant, je chantais dans une chorale que dirigeait ma mère. »

Modernists : Justement, il parait que ta mère était un peu craintive au lancement de ta carrière musicale ?

Coely : « Grave, mais c’était surtout pour me protéger. C’est normal, quand ta fille de 16 ans te dit qu’elle veut faire de la musique, c’est un milieu difficile. Elle voulait surtout que je poursuive mes études, et que j’ai un diplôme, c’était une fierté pour elle. J’ai donc respecté ce qu’elle voulait, en continuant jusqu’au bac, et en jonglant entre les cours et les enregistrements.

J’ai un single qui est sorti quand je devais avoir 17 ans, « Ain’t Chasing Pavements » et qui a très bien marché en Belgique. Dès le lendemain de l’obtention de mon bac, j’ai fait le festival Couleur Café en Belgique et c’était fou. »

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Modernists : Tout a été très rapide pour toi, repérée à 14 ans, un premier single, et puis des festivals, et hop tu te retrouves en première partie de mecs comme kendrick Lamar, J-Cole…

Coely : « Ha oui, c’était dingue. Quand tu as la chance de faire des ouvertures aussi prestigieuses, ça prouve qu’il y a des gens qui croient en toi, ça te donne vachement confiance en toi. J’ai fait les ouvertures de Snoop Dog, Kendrick Lamar, J-Cole, De la Soul, Jessie Ware, Nas, Mos Def… »

Modernists : Tu as pu les rencontrer, discuter avec eux ?

Coely : « Pas avec tous. Je voulais trop rencontrer J-Cole mais ça n’a pas pu se faire, et je suis encore dégoûtée. Mais Kendrick Lamar, j’ai frappé à la porte de sa loge, et on a pris une photo ensemble. À l’époque c’était possible car il était un peu moins connu qu’aujourd’hui, mais je peux dire que j’ai rencontré Kendrick Lamar et c’était trop cool.

Pareil , je suis tellement fan d’avoir pu discuter avec Snoop, De la Soul ou encore Jessie Ware, c’est totalement fou quand j’y repense, c’est allé tellement vite, je n’avais pas forcément fait beaucoup de lives ou d’entrainements à être sur scène, mais ça m’a plu direct. »

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Modernists : Ha oui, tu n’as pas de stress avant de monter sur scène ?

Coely : « Pas du tout, je me suis sentie super à l’aise dès le début, et j’aime tellement ça. Quand je suis sur scène, j’ai l’impression que le monde m’appartient. Je suis moi-même, et j’ai envie que les gens passent une super soirée.

Always positive vibes, je n’aime pas les énergies négatives. Je veux que ceux qui arrivent dans mes concerts avec des soucis en tête, passent un super moment et ressortent avec le sourire. Même ceux qui parfois n’osent pas trop danser, s’éclatent, qu’ils explosent, tu vois ? Et c’est une chance énorme de pouvoir transmettre mon énergie. »

Modernists : Tu es belge, tu parles flamand, tu parles français aussi puisque ta mère est congolaise, et tu chantes et rappes en anglais comme une américaine, comment ça se fait ?

Coely : « Quand j’étais ado, j’étais tout le temps sur MTV, et je regardais vachement les séries américaines comme Les Simpsons, Fresh Prince of Bel-Air, les émissions comme MTV Cribs etc… Et en Belgique, tout était en anglais, sous-titré en néerlandais, ce n’est pas comme en France avec des doublures. C’est comme ça que mon oreille s’est développée en anglais.

Et puis la transition flamand-anglais est beaucoup plus simple que le français vers l’anglais, ou l’espagnol vers l’anglais tu vois ? Je me rappelle que j’étais tout le temps sur MTV, matin, midi et soir. Dans les années 2000, tu regardais les clips de Michael Jackson, Kanye West, Beyoncé, Destiny’s Child, 50 Cent, Chingy… Hahah c’était trop cool. Y’avait Trace Tv aussi, c’était chaud à l’époque. »

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Modernists : Tu viens de sortir ton premier album, Different Waters et tu ….

Coely : « OUAIIII ENFIN ! Ça fait tellement longtemps qu’on bosse dessus et qu’on voulait le sortir. On a mis deux ans à le faire, à être enfermés dans le studio tous les jours. La première année, on a jeté beaucoup de morceaux parce qu’on se disait qu’il fallait aller encore plus loin, atteindre le next level.

Mais c’était trop cool, le studio, c’était comme une école de musique pour moi. Tous les jours avec mes producteurs on était super unis et on travaillait à améliorer les beats, ma voix, les compos, et en deux ans tout a tellement changé. Ma voix c’est dingue, je pensais ne pas pouvoir en arriver là, mais elle a beaucoup évoluée par rapport au premier EP sortie en 2013, c’est tellement différent.

Et puis on a réussi à enregistrer le morceau Different Waters. Je me rappelle quand on l’a écouté la première fois dans sa version finale, on était comme des fous dans le studio, on dansait et tout… Et on sort l’album, on part en tournée en Belgique, toutes les dates sont sold-out, la sensation est incroyable de voir toutes ces personnes t’aimer et croire en toi, c’est magique. »

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Modernists : Tu as des chansons que tu préfères dans l’album ?

Coely : « Je les aime toutes, mais si je devais en choisir une, je dirai Celebrate, car elle parle de ma mère. Il y a aussi No Way, plus R&B que les autres, et elle bouge grave avec le son derrière, tu vois tout le monde qui bouge la tête, c’est dingue. Autrement « Different Waters », la compo avec ma voix un peu comme Chaka Khan, Yann qui m’accompagne, c’est incroyable la façon dont il chante aussi. Le début est intriguant, tu ne sais pas trop ce qui va arriver, la tension monte et ça part, un peu comme « Freedom » de Beyoncé. »

Modernists : Même si les deux vont ensemble, qu’est ce que tu préfères : rapper ou chanter ?

Coely : « Oui les deux vont ensemble, mais je n’ai pas forcément de préférence. Ça dépend des moments, parfois j’ai plus envie de chanter, parfois plus de rapper. Je peux entendre un beat et commencer à rapper dessus, et à l’inverse c’est pareil, je peux entendre une mélodie et avoir envie de chanter dessus. Mais j’ai toujours aimé chanter, j’ai d’abord chanté avant de rapper, c’est quelque chose qui est en moi. J’essaye toujours de repousser mes limites, que ce soit dans les aigus façon Mariah Carrey ou dans les graves comme une Toni Braxton. J’ai mis du temps aussi à trouver ma propre voix. »

Modernists : Tu te rappelles la première fois que tu as rappé ?

Coely : « Oh ouais je me rappelle bien ! J’avais 14 ans et j’allais souvent dans un centre de jeunesse à Anvers. Ma mère ne voulait pas trop que j’y aille tout le temps, mais là-bas, il y avait ceux qui allaient devenir mes futurs producteurs, ils organisaient des workshops. Un jour, ils m’ont demandé de rapper devant tout le monde, je leur ai dit « non non je n’ai jamais fait ça ». Je connaissais des chansons par cœur, donc je me suis lancée sur Moment 4 Life de Nicki Minaj.

Je commence, et un de mes producteurs me dit : « essaye de rapper plus fort » J’avais l’impression de gueuler mais quand tu chantes c’est plus mélodieux, plus doux tu vois ? Tout d’un coup, j’ai eu l’impression de mettre des coups avec les lyrics, de me défouler, de jeter toutes mes colères. C’est à ce moment là que tout a commencé. »

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Modernists : Qu’est ce que tu écoutes en ce moment ?

Coely : « Euh… Roméo Elvis, Caballero, Yusufa, avant j’écoutais beaucoup Diams, c’était dingue, d’ailleurs j’ai vu l’autre jour sur Facebook qu’elle revenait mais apparemment ce n’est pas pour refaire de la musique, je suis dégoûtée. Autrement, Kendrick Lamar, Keblack que je trouve trop fort. J’essaye de tout écouter, des styles différents, des sonorités différentes pour élargir mes influences et pouvoir développer des nouvelles formes de hip hop, pour que ce ne soit pas juste du hip hop mais autre chose, avec du rock par exemple. »

Modernists : Il y a un artiste avec qui tu aimerais bien faire une collab…

Coely : « MHD, MHD ! Avant je disais toujours Kendrick Lamar, mais aujourd’hui j’aimerai trop travailler avec MHD. Mais en fait, j’aimerai trop travailler avec tout le monde pour apprendre, me poser dans un studio avec un artiste américain pour voir comment il fait tel son, je veux tout le temps apprendre. J’aimerai beaucoup me poser même avec 10 artistes dans un studio et apprendre leurs spécificités. J’ai appris à faire des beats en regardant mes producteurs faire, et j’essayais de les refaire chez moi après »

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Modernists : Et aujourd’hui ta mère te laisse tranquille ?

Coely : « Ha oui bien sûr, ma famille ce sont mes premiers supporters. Ils m’aident beaucoup et sont fiers de moi. Aujourd’hui c’est plus qu’un simple hobby, c’est vraiment un boulot. »

Merci Coely. Si vous n’avez pas encore entendu l’album, il est dispo partout, et c’est un premier jet qui défonce pour cette future étoile du hip hop mondial. Elle ne vous laissera pas indifférente par son énergie débordante. Suivez son actu sur les réseaux sociaux : Facebook, Instagram, Twitter et Youtube.

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