Nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer cet artiste, peintre, passionné et amoureux des gens alias Lucas Beaufort. Depuis un peu plus de 10 ans, ce natif de Cannes, biberonné aux magazines et à la skateculture peint sur différents supports ses rêves et ses cauchemars pour un rendu toujours aussi étonnant et unique.

Insatiable grand voyageur, Lucas Beaufort explore le monde à la recherche d’inspirations pour son travail qu’on ne peut pas renfermer dans un secteur artistique particulier. À la croisée entre peinture, illustration, photo et skate, Lucas Beaufort revient avec encore la tête pleines de projets dont notamment le design de la dernière bouteille Suze et la sortie de son film/docu sur le monde de la presse skateboard, Devoted, qu’il a présenté au dernier Paris Surf & Skateboard Film Festival en septembre dernier.

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Modernists : Salut Lucas, peux-tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas ?

Lucas : « Lucas Beaufort, artiste peintre de 36 ans, passionné par la vie des autres. »

Modernists : On sait que tu es un passionné de skate, d’ailleurs tu travailles souvent à customiser des couvertures de magazine de skate ou des photos… Qu’est ce que cela t’apporte de travailler sur un support existant ?

Lucas : « Si tu checkes mon insta, tu peux constater que j’ai pas mal freiné ma frénésie sur les couvertures. C’est un cycle car je compte bien y revenir. Pour moi, il s’agit bien plus que de peindre sur une photo. C’est une transposition de moi-même dans un lieu et un moment où j’aurais aimé être. Malheureusement, je n’arrive pas encore à me démultiplier pour être à Tokyo et à Paris en même temps.

Peindre sur une couverture c’est aussi l’idée de partager un espace, d’ouvrir la porte à l’inconnu, c’est un clin d’œil à l’acceptation de l’autre. »

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Modernists : Qu’est ce que tu préfères travailler sur un support existant, une toile blanche ou un skateboard ?

Lucas : « Je n’ai pas de préférence, je pense que tous les supports sont intéressants. J’ai toujours un crayon dans la poche et couche ma pensée sur tout ce que je trouve, du papier au morceau de verre en passant par le bois. »

Modernists : La peinture a toujours été une passion ? A quel âge as-tu commencer à peindre et à montrer tes œuvres ?

Lucas : « Pas vraiment, on peu dire que c’était enfoui en moi mais ça a pris 25 ans pour se déclarer. À l’école, je n’aimais pas le dessin car trop cadré. Moi je voulais peindre des monstres mais on me forçait à faire des perspectives, donc les cours de dessin c’était une corvée. C’est idiot de brider les enfants, il faut les laisser, les laisser créer. Du coup, j’ai commencé à peindre à 25 ans sans aucunes raisons, juste une envie qui  s’est transformée en passion très rapidement. »

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Modernists : Tu peints souvent des petits monstres, pourquoi ?

Lucas : « Ils vivent avec moi depuis mon premier jour sur terre. On se côtoyait déjà dans le ventre de ma mère. Au début, je croyais qu’ils étaient mes frères. Le paradoxe c’est que je faisais beaucoup de cauchemars étant petit, c’était justement les monstres. Désormais, ils vivent avec nous, ils sont autour de nous et nous aident à mieux nous comprendre. »

Modernists : La peinture s’est présentée comme une forme d’exécutoire pour toi ?

Lucas : « Absolument, la peinture c’est ma connexion avec l’autre, c’est ce pont que je cherchais depuis si longtemps ! »

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Modernists : Pour revenir sur le skate et ta passion des magazines, tu viens de sortir un documentaire sur la presse spécialisée il n’y a pas longtemps : Devoted. Tu peux nous en parler ?

Lucas : « J’ai découvert le skateboard à une époque où la presse papier était reine (années 90). J’achetais tout ce que je trouvais, c’était tellement important pour moi. Internet a changé la donne, la presse papier y a laissé des plumes, du coup en 2016, je me suis lancé dans le projet fou de faire un tour du monde pour interroger les magazines en question pour parler de leur avenir.

DEVOTED est pour moi une aventure humaine extraordinaire : »

Modernists : Que penses-tu de cette presse aujourd’hui ? Quel est son avenir pour toi ?

Lucas : « Elle est encore bien présente, ce qui a changé c’est finalement la périodicité et c’est tant mieux. Ça n’a plus de sens de sortir tous les mois, ni même tous les deux mois. Si c’était moi, je sortirais un numéro par an à Noël, ce serait un événement attendu, comme un cadeau de Noël. »

Modernists : En te rencontrant et en parcourant ta vie, ton oeuvre, tes interviews etc… On a vu que tu te drogues aux rencontres et aux gens. Tu as toujours été comme ça ? C’est une véritable source d’inspiration pour tes œuvres ?

Lucas : « L’art n’est qu’une excuse pour me rapprocher de l’autre. Ce qui m’importe dans la vie c’est l’émotion d’une rencontre, du coup je passe mon temps à voyager dans le monde pour découvrir encore et encore… »

Modernists : C’est ce qui t’a inspiré pour ta collaboration avec la marque Suze, dont tu as créés la dernière bouteille ?

Lucas : « Ce design que j’ai créé pour Suze représente cette idée de la rencontre. Imagine toi, te retrouver un matin en haut d’un sommet avec 100 inconnus, il a neigé un mètre de neige dans la nuit, le paysage est fantastique. Vous vous lancez tous en même temps et vous tracez votre chemin. Cette descente c’est comme tracer sa vie, on croise des gens, on créé des liens, on s’aime, on se déchire, on se regarde, on se respecte, on vit. »

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Modernists : Tu travailles souvent avec des marques ?

Lucas : « Je bosse souvent avec des marques, surtout dans le skate mais j’ouvre tout doucement mon univers à des marques très éloignées du skate, je sors de ma zone de confort. »

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Modernists : Qu’est ce que tu écoutes en ce moment comme musique ?

Lucas : « J’aime énormément « Patrick Watson » ou encore « Explosions in the sky » tout dépend du moment. La musique est une grande source d’inspiration, je ne créé jamais sans elle. »

Modernists : Un petit mot pour la fin ?

Lucas : « Aime les autres et sois curieux. »

Merci Lucas Beaufort pour ton temps, n’hésitez pas à le suivre sur Instagram.