Considérée comme l’une des plus grandes actrices françaises, Jeanne Moreau s’est éteinte le 31 juillet 2017 à l’âge de 89 ans. Celle qui fascinait les plus grands réalisateurs français, avec sa sensualité, son inimitable voix, et son immense talent d’actrice, a su marquer plusieurs générations durant sa carrière qui dura plus de soixante-cinq ans. Aujourd’hui, une jeune réalisatrice décide de lui rendre hommage à travers un montage de deux minutes.

Avec 130 films à son actif dont des scènes inoubliables, comme lorsqu’elle chante Tourbillon dans Jules et Jim de François Truffaut, en femme fatale et flambeuse dans La Baie des Anges sous la direction de Jacques Demy, ou encore en donnant la réplique à Gerard Depardieu et Patrick Dewaere dans le très controversé film de Bertrand Blier, Les Valseuses. Découvrez la vidéo de la réalisatrice parisienne Isabelle Laurent, en hommage à cette incroyable actrice, qu’elle a présenté en ouverture du dernier Festival du Film d’Espalion, accompagné d’un discours.

« Je crois que certaines morts nous touchent plus que d’autres et j’ai pour ma part été très touchée à l’annonce du décès de Jeanne Moreau. Parce que j’ai une tendance légèrement insomniaque, j’ai pensé à faire un montage, très court et très modeste, autour de sa carrière ou en tout cas représentatif de sa carrière, de ce qu’elle incarnait. De Jeanne Moreau, on se souviendra d’une virgule d’eyeliner, d’un regard sombre, cerné, effronté, d’un corps, caché, suggéré sous des tenues couture, d’une voix, grave et rocailleuse. Mais pas seulement. Jeanne Moreau a incarné tant de choses, tant de femmes. Amoureuse, passionnée, libre, elle définit l’élégance, l’érotisme, la féminité, la force. Elle est à mes yeux un modèle, une femme fatale éternelle.

Il faut l’applaudir alors pour tout ce qu’elle a apporté, au cinéma, dans nos vies, la remercier encore pour toute l’inspiration qu’elle continue et continuera de susciter, ne pas l’oublier, jamais, continuer à l’aimer du même amour qu’elle portait au cinéma, aux hommes, aux femmes, à la vie, à nous aussi. Comme toujours, le temps qui reste s’est écoulé, la jeunesse a disparu et la fleur s’est fanée. Ainsi va la vie, c’est comme ça et puis c’est tout.  » La peur de vieillir abîme plus que l’âge « , c’est elle qui l’a dit. Alors n’ayons pas peur de vivre. Elle aurait pu conclure comme ça. Ou alors dans le grave, comme elle savait très bien le faire. Elle a peut-être baissé les yeux et lancé un simple  » Bonsoir.  Bonsoir Jeanne Moreau. » Isabelle Laurent