Glamouze, c’est une nouvelle chaîne Youtube fraichement débarquée depuis début mars, qui présente Allison et Camille, deux jeunes femmes à l’humour décalé qui s’amusent des vidéos des Youtubeurs/Youtubeuses.

Elles se sont lancées en se présentant via le format de vidéo « Morning Routine » pour montrer leur quotidien et leurs univers humoristique. Camille et Allison, qui se connaissent depuis plusieurs années débarquent avec leurs gros sabots changer votre vision de l’humour « made in women » en parodiant l’univers des Youtubeuses et en apportant un discours à l’antipode de ce que l’on a l’habitude de voir.

L’une est plutôt féminine et prend soin d’elle jusqu’au bout des ongles, quand l’autre a une passion pour l’autodestruction… Découvrez-les dans leurs deux vidéos de présentation et via leurs réponses à nos questions, dans la suite.


Modernists (Charlotte) : Vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

Allison :  » Je suis Allison Chassagne, j’ai 29 ans, je suis comédienne et j’écris des sketchs également. J’ai rencontré Camille au conservatoire du 19ème à Paris. J’ai fait pas mal de théâtre avant et maintenant je m’occupe principalement de la chaîne Youtube de Glamouze. « 

Camille :  » Je suis Camille Fievez, j’ai 28 ans. Quand j’ai rencontré Allison, j’étais en dernière année de conservatoire, j’avais fait celui du 10ème avant et après le conservatoire, j’ai monté une compagnie de théâtre. On a joué au théâtre du Rond Point pendant un temps et j’ai également un blog, Je t’encule Thérèse (alias Grosse Merde sur le blog). « 

Modernists : Vous êtes vraiment colocataires ou pas du tout ?

Allison :  » Non pas du tout, ça c’est de la pure fiction. « 

Camille :  » Et ce n’est pas notre appartement que l’on voit dans les vidéos. « 

Modernists : L’idée de départ de monter une chaîne Youtube, elle est venue comment ?

Camille :  » Ça a été un long cheminement, cela fait deux ans qu’on a le projet de la chaine Youtube. « 

Allison :  » L’idée est venue avec notre expérience au conservatoire. Pour une mise en scène, de la pièce Arturo Ui de Brecht, on devait mettre en scène plusieurs actes. On s’est retrouvé dans le même groupe et on a eu l’idée d’inclure un élément vidéo dans la pièce. On a donc tourné des mini-séquences et on s’est très bien entendu sur le ton qu’on voulait donner aux vidéos et sur l’écriture. À la fin du conservatoire, on s’est dit qu’on pouvait continuer. En parallèle de ça, j’ai entamé des études à Dauphine, que je n’ai pas terminées, mais j’étais dans une association étudiante dans laquelle on faisait de la vidéo, des plateaux TV dans la fac avec des sketchs, des parodies, des fausses pubs. Des copains qui sont sortis de l’école en même temps que moi ont monté une chaîne qui s’appelle Lolywood , j’ai commencé à jouer un peu avec eux et j’ai eu envie de faire la même chose avec Camille. « 

Camille :  » Ils nous ont proposé de monter notre chaîne car ils voulaient monter une chaîne de filles, c’est comme ça que l’on  a commencé à écrire. Les premiers sketchs, on les a imaginé il y a déjà deux ans. « 

Allison :  » On a trouvé l’idée super cool mais on a pas pu le faire car ils manquaient de temps et ils devaient avoir un producteur pour lancer notre chaîne, qui n’est pas revenu vers eux, je pense qu’il n’avait pas le temps non plus. On a pas voulu laisser tomber et on a commencé à tourner des pilotes, ceux des Fées Lochettes. On a envoyé ces pilotes à pleins de diffuseurs, on avait des réponses, à notre grande surprise, mais comme nous sommes des auteurs et pas une boite de production, le deal ne pouvait pas se faire. Avec tout ça, on a perdu vachement de temps. « 

Camille :  » Entre les rendez-vous, on attendait les retours des gens, donc on avançait pas de notre côté. « 

Allison :  » Et on avait besoin de manger aussi, moi je faisais du casting et Camille a pris un boulot à mi-temps. Ces expériences ont eu l’avantage de faire mûrir notre idée. Un de mes amis a monté une boite qui s’appelle Joji Prod, il était tout seul et il nous a proposé de bosser avec lui. Du coup, on a un producteur depuis novembre et on a tourné les vidéos en janvier pour lancer la chaine début mars. « 

Modernists : Il est venu comment le nom ?

Allison :  » Au début on a pensé appeler la chaîne Camille et Allison, mais on pensait que ce n’était peut-être pas une bonne idée car peut-être que les gens n’allaient pas retenir des prénoms et on voulait pas que ça fasse trop Youtubeur avec de l’humour en face caméra. « 

Camille :  » On voulait un nom court qui rappelle quelque chose sans être quelque chose, c’est ça le cheminement. On a pensé à un titre de magazine mais transformé car on veut parler et se moquer un peu des médias féminins et du traitement de l’info dedans. « 

Vous avez dû vous demander, comment vous alliez présenter la chaine ?  Quelle vidéo mettre en premier pour donner le ton et l’univers de Glamouze ?

Allison : Au début, on s’est dit qu’on allait commencer avec « Les Fées Lochettes » mais on avait peur de s’enfermer dedans.  On a pensé à présenter nos deux personnages un peu perdu en utilisant un format qui existe, pour amener ailleurs, donc les premières vidéos sont des « Morning Routine ».

Camille : La voix off des « Morning Routine » permet pleins de trucs et on s’amusait à regarder les « Morning Routine » des Youtubeuses, les imaginer chez elles et faire semblant de se lever. On a trouvé que c’était un bon format pour présenter les personnages, on fera des Vlogs également mais un peu plus tard.

Modernists : Les « Fees Lochettes » est un format qui reviendra régulièrement donc ?

Camille :  » Dans l’idée oui. « 

Allison :  » On ne veut pas faire que de la parodie de Youtubeuses et on veut surtout pas se moquer de Youtubeuses en particulier. « 

Camille :  » Non, c’est pas très drôle de se moquer, c’est un peu harceler les gens selon nous. On aime pas trop ça… « 

Allison :  » On va proposer d’autres choses, qui seront des créations pures. « 

Camille :  » Mais on en a écrit beaucoup déjà des « Fées Lochettes ». « 

Allison :  » Le but de ce programme, c’est de répondre honnêtement à des questions que les enfants peuvent se poser. Pour donner la réponse, on fait des recherches et on dit la vérité sur des sujets un peu tabou en y ajoutant un humour décalé. Le prochain sera sur les pertes blanches, on a pleins de potes qui ne savaient pas ce que c’était. Il y a un côté pédagogique. « 

Modernists : De nouvelles vidéos seront postées toutes les semaines ?

Camille :  » Oui, c’est ce qu’on a mis sur le header de notre page Youtube, une nouvelle vidéo sera postée chaque mardi à 17h. « 

Allison :  » Oui, en se lançant on a découvert le monde de Youtube et on nous a dit que pour qu’une chaîne marche, il faut être régulier. C’est bien d’avoir un rendez-vous récurrent, que les gens peuvent attendre. « 

Camille :  » On essaye d’être pro et de s’imposer des règles « 

Allison :  » Et avoir une logique. Notre chaîne raconte l’histoire de Camille et Allison au chômage qui montrent leurs idées, leurs univers. C’est une relation entre Camille et Allison et pas juste une chaîne de sketchs sans liens. « 

Modernists : Vous vous inspirez des Youtubeuses pour le format de vos vidéos mais vous avez d’autres sources d’inspiration pour l’écriture et le ton ?

Camille :  » Marion Cotillard !  »
Allison :  » Il y en a tellement en fait. Beaucoup de chaînes nous font rire mais on s’en inspire pas vraiment. « 

Camille :  » Non pas directement, mais d’une façon ou d’une autre, il y a des choses qui nous influencent. Dans l’écriture, je suis bien influencé par tout ce que fais Riad Satouf, genre « Les Beaux Gosses » ou sa BD « Pascal Brutal ». Tout ce qui est apocalyptique ou chaotique avec un traitement humoristique, j’adore. On adore aussi la chaine Alby’s Hobbies. « 

Allison :  » On peut aussi citer Chris Esquerre. »

Camille :  » Lui, on l’aime beaucoup beaucoup ! « 

Modernists : Vos personnages vous ressemblent un peu ?

Camille :  » C’est nous en pire. Allison est, dans la vraie vie, réellement attirée par tout ce qui est écolo. « 

Allison :  » Le bicarbonate c’est la vie ! J’ai des amis qui s’amusent des vidéos car ils savent comment on est dans la vie, pour eux, c’est pas une parodie. On s’inspire de ce qui nous touche, l’environnement est une problématique qui me préoccupe vraiment. « 

Modernists : Et toi Camille, la destruction, c’est ta problématique à toi ?

Camille :  » Ouais et non, mais quand je vois les « Morning Routine » des nanas qui sont hyper heureuses, qui prennent leur douche avec tous leurs produits, ça ressemble pas à la réalité ou du moins pas à la mienne. Ça m’arrive, comme mon personnage, de pleurer sous la douche. C’est hyper pratique comme moment pour chialer, surtout quand tu vis avec quelqu’un, ça se voit pas et ça s’entend pas. « 

Allison :  » C’est plus discret ! « 

Modernists : Vous avez d’autres projets ensemble ?

Camille :  » On a une idée de programme court et on répond à des appels à projet. »

Allison :  » Cette chaîne, c’est aussi un moyen de montrer tout ce que l’on sait faire. C’est un peu une vitrine pour montrer comment on écrit, comment on joue, c’est pour ça qu’on ne veut pas rester dans une certaine zone de confort en ne faisant que des parodies. On aimerait bien aussi remonter sur scène, mais pas forcement pour faire des One man Show. »

Camille :  » On aimerait faire un spectacle, qu’on a d’ailleurs commencé à écrire. »

Allison :  » J’aimerai bien aussi mettre en place un programme de 10 épisodes de 10 minutes, qui serait plus dans la fiction. »

Modernists : Sur Youtube, ce sont surtout les garçons qui explosent. Vous y pensez quand vous écrivez à ne pas avoir un humour trop girly ?

Camille :  » Tout le temps ! Notre contrainte, c’est de ne pas tomber dans ce piège, car l’humour trop girly, ça nous fait clairement pas rire. « 

Allison :  » C’est très loin de notre inspiration cet humour très girly. »

Modernists : Au-delà de Youtube, votre humour est à l’antipode des humoristes féminines qui marchent le mieux en ce moment, comme Florence Foresti, Nora Hamzawi ou Berengère Krief

Allison :  » Tous les sujets comme « se faire draguer en boite », « la relation de couple », « être fille »,  ce sont des sujets dont on ne veut même pas parler car on ne saurait pas quoi dire dessus, quoi raconter de plus. On va à l’encontre de ça, car ça ne nous fait pas vibrer, ça nous fait pas marrer d’aller dans cette direction. »

Camille :  » On veut pas se positionner en fonction des hommes. »

Allison : « Et on est pas en réaction contre les hommes non plus. »

Camille :  » On est pas dans la séduction pour nos personnages, on ne veut pas leur donner des pseudo-contraintes liées à la féminité, certaines Youtubeuses le font, c’est pas ce qu’on veut pour nous. « 

Modernists : Une dernière chose à ajouter ?

Allison :  » Oui, j’ai un frère aussi, son nom c’est Sébastien Chassagne il est comédien et il joue dans Irresponsable. Voila, c’était la minute promo. « 

Camille :  » Qui je peux promouvoir ? J’ai parlé d’Alby, c’est bon, c’était mon but ! « 

Retrouvez Camille et Allison tous les mardis à 17h pour une nouvelle vidéo sur Youtube et suivez-les sur les réseaux sociaux : Facebook et Instagram.

Merci les Glamouze !!