Le dernier album d’Electric Guest, « Plural » est disponible depuis le mois de février, un album addictif qui est à la fois dans la continuité du premier, « Mondo » mais également en rupture…

Cinq ans après la sortie de Mondo et de l’entêtante chanson « This Head I hold », on a enfin des nouvelles du groupe de Los Angeles, Electric Guest, qui revient avec un album toujours joyeux mais avec quelques notes plus sombres.

Pour en savoir plus, nous sommes allés rencontrer Asa et Matthew, les deux membres fondateurs du groupe pour leur poser quelques questions sur le « come-back » et sur cette petite pépite acidulée qu’est « Plural ».

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Modernists : Comment vous vous êtes rencontrés ?

Asa : « On s’est rencontré à Los Angeles, un an après que je sois arrivé là-bas. »

Matthew : « J’avais rendez-vous pour enregistrer avec l’un des colocataires d’As dans le studio situé dans la cave de la collocation et il m’a demandé de jouer de la batterie sur certaines de ses chansons. On était pas encore Electric Guest à ce moment-là… Après un petit bout de temps, Brian (Alias Danger Mouse, le producteur du premier album) nous a aidé pour qu’on se construise et qu’on commence à créer de la musique ensemble. »

Modernists : Le premier album, « Mondo », c’était il y a déjà 5 ans, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Asa :  » On a écrit différents albums entre temps qu’on a envoyé à Brian/Danger Mouse et à 3 ou 4 personnes en qui on a toute confiance et tout le monde était d’accord pour dire que ce n’était pas si bien que ça : c’était plus sombre, plus lent, plus mélancolique…

Donc notre entourage nous a simplement suggéré de continuer à écrire et c’est ce qu’on a fait pendant les trois années après « Mondo ».  Au bout d’un moment, on s’est dit que ce que l’on faisait était mieux que dans les deux, trois années d’avant. De cette période un peu difficile, nous n’avons gardé que deux chansons pour les mettre sur le nouvel album « Plural » : Zero et Glorious Warrior. Ça nous a pris presque trois ans pour imaginer ces deux chansons et la dernière année avant la sortie de « Plural », on a été beaucoup plus inspiré et heureusement on était mieux dans nos vies également. Puisqu’on était plus heureux, nos chansons aussi étaient plus heureuses.

On peut pas forcer les choses, on peut pas écrire une chanson joyeuse quand on ne l’est pas soit-même, si tu le fais, ça se sent que ce n’est pas authentique, il fallait donc attendre pour que Plural naisse vraiment au bon moment. Mais on a pas été sans activités non plus pendant 5 ans, on a eu d’autres projets… « 

Modernists : C’est pas trop dur de faire un nouvel album en ayant en tête que pour beaucoup de monde vous êtes associés à une chanson, votre gros tube « This Head I Hold » (39 013 430 écoutes sur Spotify) ?

Asa :  » Si ! « 

Matthew :  » Si c’est hyper dur. » (il rit)

Asa :  » C’est même très dur putain ! On a appelé Danger Mouse il y a deux ans et il nous disait « oh you’re fucked, vous êtes votre premier album et tout le monde attend quelque chose comme le premier album, il va falloir faire quelque chose dans ce style ». Alors qu’on se disait qu’on avait envie de faire des chose plus acoustiques, des chansons peut-être plus douces.

Avec Plural, on a réussit à faire quelque chose de différent du premier sans pour autant être en dehors de notre style. On a toujours eu la liberté de faire ce qu’on voulait mais on devait trouver un juste milieu entre nos envies et les attentes autour de nous. »

Modernists : Est-ce que vous avez eu un déclic au cours de ces 5 ans pour vous dire, c’est maintenant qu’on doit sortir et créer quelque chose, c’est maintenant le bon moment ?

Asa : « Oui pour moi il y a eu un déclic, ça a été la chanson « See the light » de l’album, quand on a commencé à l’écrire et la composer, ça a été le déclic. »

Modernists : Est-ce que vos chansons sont perçues de la même façon par tout le monde ?

Asa : « C’est marrant comme en fonction de l’endroit où l’on se trouve les gens sont plus ou moins touchés par une même chanson. Pour Plural, aux USA, on pense que c’est « See the light » qui va le plus plaire, en France, je ne sais pas laquelle sera la plus emblématique de l’album. Mais certaines chansons mettant tout le monde d’accord. Danger Mouse adore la chanson « Zero » sur ce nouvel album. « 

Modernists : Ce nouvel album a également été enregistré à Los Angeles ?

Matthew :  » Oui, comme le précédent « 

Asa : « Et à peu près dans les mêmes conditions, la plupart du temps dans ma chambre et au studio de Danger Mouse et quelques autres studios également. »

Modernists : Vous avez eu des choses qui musicalement, vous ont particulièrement inspirés pour ce nouvel album ?

Asa :  » Pour moi, tout ce qui s’est passé ces dix dernières années dans la musique indé : la pop indé, le rock aux Etats-Unis… Notre album est la dernière toute petite fenêtre de cette tendance à la MGMT, Local Natives, Fool’s Gold. Tout ce qui s’est passé dans cette période aux USA était génial mais les groupes de ce style sont en train de changer, de se tourner plus vers la musique électronique. « 

Modernists : Comment vous pourriez expliquer votre album Plural ?

Asa : « Pour nous, « Plural » est un album déterminé, que ce soit dans la musique ou dans les paroles, c’est très différent du précèdent où les paroles étaient plus vagues et dures à comprendre. Dans le précèdent album, on abordait un thème alors que dans ce nouvel album, on voulait que les paroles soient frappantes, simples, mais que ce soit plus honnête et basé sur des sentiments.

Le but pour moi c’était d’arriver à être plus concis avec des chansons plus personnelles, plus dans les choses de tous les jours mais je pense que le thème principal de l’album reste les relations, l’amour, faire que l’amour fonctionne et aussi sortir de la noirceur. Moi je sortais vraiment d’un moment difficile, je sortais de l’obscurité vers la lumière donc j’ai voulu le refléter dans les chansons. »

Modernists : Quand tu écris, tu essayes de suivre les tendances (l’actualité ou la musique du moment) ?

Asa : « Non, c’est juste personnel. »

Matthew : « Dans la musique on nous demande souvent ce qui nous influence, ce que tu ressens sur ce qu’il se passe autour de toi, ce que tu as écouté petit. Pour moi, c’est toujours très dur de répondre à cette question, je suis plus influencé par des films ou par des images d’illustrateurs, ça vient tout seul sans suivre une tendance, juste avec la volonté de créer quelque chose. « 

Asa : « On est pas un grand groupe très connu comme U2, on reste un groupe indé… Nous avons quelque chose de spécifique, c’est qu’on travaille pour nous, on travaille pas avec le compositeur à la mode ou autre… On en est pas là, on fait pas une transition vers un autre style musical, on reste nous, pour le pire et pour le meilleur… »

Matthew : « On est ce qu’on est ! »

Modernists : Quand est-ce que vous revenez en France ?

Matthew : « En avril on sera de nouveau en France. »

Asa : « Pour les festivals, on sera surtout aux États-Unis pour le moment. »

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Retrouvez les nouvelles chansons d’Electric Guest sur l’album « Plural », déjà disponible et vous pouvez également déjà regarder les dates du groupe en France pour aller les voir en live :

12/04 Caen, France – Le Cargo
13/04 Lille, France – L’Aeronef
15/04 Marseille, France – Post a Galene
17/04 Paris, France – La Maroquinerie  
19/04  Bordeaux, France – Rock School Barbey
20/04 Lyon, France – Le Transbordeur
21/04
 Bourges, France – Le Printemps de Bourges
23/04 Amsterdam, Pays-Bas – Paradiso Noord
24/04 Hambourg, Allemagne – Knust
25/04 Berlin, Allemagne – Musik & Frieden
27/04 Munich, Allemagne – Strom
28/04 Cologne, Allemagne – Gebäude 9
30/04 Bruxelles, Belgique – AB Club
02/05 Londres, Royaume-Uni – Moth Club
03/05 Manchester, Royaume-Uni – Sound Control