Après « Qui a tué Bambi ? », le réalisateur français, Gilles Marchand, s’est intéressé à une relation père-fils dans son film « Dans la forêt », poussant la névrose de ses personnages à son paroxysme dans un thriller inquiétant qui n’est pas sans rappeler « Shining » de Stanley Kubrick.

Du côté de l’histoire, le film raconte le voyage de Tom, le petit frère et Benjamin, le grand frère vers la Suède pour retrouver leur père, un personnage distant, froid et intriguant qui souhaite les emmener dans la forêt, dans une maison isolée pour quelques jours, histoire de renouer des liens familiaux. Dans cette forêt, au bord du lac, les trois s’installent dans une cabane abandonnée dans laquelle les peurs du plus petit des frères sont exacerbées avec ce pressentiment, que leur père, ne les laissera pas repartir de sitôt de cette forêt…

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Le film questionne dès les premières minutes et n’apportent pas les réponses aux questions qu’il soulève laissant le spectateur se faire sa propre opinion de la névrose du père et de celle de l’enfant le plus petit, Tom. Est-ce la névrose du père qui est transmise à l’enfant, ou est-ce qu’il l’alimente de façon plus ou moins consciente, jouant avec les sentiments de son fils.

La peur, est un des thèmes les plus abordés dans le film, le petit garçon voit en effet, un personnage qu’il définit comme « le diable » dans plusieurs situations, ce qui l’empêche de dormir correctement. De son côté, le père, n’a quasiment pas de gestes tendres envers ses fils, surtout envers son ainé, qui se fait littéralement maltraité par cette figure paternelle qui ne se reconnait pas en lui. Une relation malsaine s’installe donc entre le père et le plus grand de ses fils, laissant le plus jeune dans son propre désarroi face à ce « monstre » qui  le hante continuellement. La question se pose alors, le monstre est-il un homme ou l’homme est-il un monstre ? Ce n’est qu’à la fin du film, que le spectateur peut se faire une idée de réponse à cette question, après avoir suivi le périple de ce petit garçon face à son père qui le pousse à affronter sa peur.

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D’autre questions surviennent alors après le film, l’enfant voit-il vraiment ce qu’il voit ou est-ce une déformation de sa peur. Le film commence d’ailleurs par une scène chez la psychiatre du plus petit lui expliquant la différence entre appréhension (crainte non fondée d’une situation) et pressentiment (crainte d’une situation qui on le sait, va se passer). Le pressentiment ne quitte d’ailleurs pas le spectateur tout au long du film, qui se persuade que en effet,  « la situation va mal tourner ». Ce pressentiment est également alimenté avec la bande sonore du film, lourde, pesante et angoissante plaçant ainsi le spectateur du côté de la névrose de l’enfant.

Le père a t-il une sorte de dédoublement de personnalité ou l’enfant arrive t-il à percevoir les variations de caractère de l’adulte qui l’accompagne, voit-il réellement ce qu’il dit voir ? Ce sera à vous de répondre à ces différentes questions…

Le film est en salle depuis le 15 février, avec Jérémie Elkaïm dans le rôle de ce père sans tendresse mais pas sans amour et admiration pour son plus jeune fils et les deux enfants, Timothé Vom Dorp et Théo Van de Voorde qui livrent dans ce film, une très belle prestation, malgré leurs très jeunes âges.